Le seul endroit où la vérité ne peut pas mentir
Toutes les pensées que tu as cru vraies, toutes les histoires que tu as construites, toutes les illusions que tu as tolérées sont nées dans cette brume entre les deux oreilles que tu appelles mon cerveau ou de façon plus abstraite : mon esprit ou ma pensée.
Le corps, lui, reste disciple du Réel. Il parle en sensations, non en opinions. En frémissements, non en théories. En chaleur, pression, crispation, faim, relâchement — le langage pur du vivant.
Le corps ne sait pas faire semblant. Il ne te flatte pas. Il ne cherche pas à te saboter. Il ne négocie jamais avec ton passé. Il dit seulement ce qui est vrai maintenant.
L’esprit invente, le corps révèle
« Le corps est le monastère du réel. Les pensées ne sont que des touristes. » Ta mémoire invente des récits, tes interprétations aussi, tes croyances essaient de valider tes mensonges, parfois magnifiquement, souvent tragiquement. Mais ton corps…Ton corps, lui, plie le genou uniquement devant la réalité.
Si tu veux arrêter de souffrir, arrête de demander conseil à ton mental. Demande à ta poitrine. À ton ventre. À ton souffle. Au tremblement que tu refuses de sentir. Ecoute, sans passer par la pensée. Contente-toi de sentir, sans interpréter.
Le corps ne pense pas, mais il sait. Toujours.
Quand quelque chose sonne faux, ton corps te prévient en premier. Une contraction. Une lourdeur. Une ligne tendue au plexus solaire. Une gorge qui refuse d’avaler le mensonge que tu essaies d’accepter. Et il anticipe souvent ce que tu ne sais pas encore. Il te prévient et comme un chat, il veille.
L’esprit affirme. Le corps murmure. Et le murmure est toujours plus juste. Le corps n’est pas là pour t’obéir. Il est là pour te sauver. Pas spirituellement : biologiquement, existentiellement.
Il ne fait pas de métaphysique. Il exprime la vérité même lorsque tu essaie de la cacher.
Le corps vit au présent
L’esprit vit dans le passé, dans un faux présent ou au futur : il fait appel aux histoires héritées, aux blessures recyclées, aux illusions que tu n’as même pas choisies.Le corps, lui appartient au présent éternel le seul endroit où la vie circule vraiment.
Il ne vit pas à travers des commandements, des écritures ou des visions. Il est travers le souffle. À travers le battement.À travers cette douce chaleur qui apparaît quand tu arrêtes de lutter contre ce qui est.
Chaque saint, chaque mystique, chaque illuminé plus ou moins volontaire a découvert la même chose :On n'atteint jamais la Vérité sans revenir au corps. Parce que le corps est la seule partie de toi qui ne peut pas apprendre à mentir. Vivre pleinement l'incarnation c'est vivre pleinement le corps.
Ton corps : la croix et la résurrection
Toute souffrance naît dans l’esprit. C'est l'histoire que raconte la pensée sur la sensation. L'interprétation dualiste qu'elle en fait. La libération, elle, naît dans le corps. Jésus n’a pas transcendé son corps : il a révélé à travers lui la Présence absolue de l'être éternel. Il a montré que la douleur est réelle, mais que la peur est optionnelle. Et que ce que nous appelons “mort” n’est pas une fin, mais une ouverture : la porte par laquelle le corps offre une voie vers la transcendance, Pas à travers la souffrance. En dépassant ce que l'esprit invente à son propos.
C’est dans ce sens qu’il déclare : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » Non pas par lui en tant que personnage historique, ni par une adhésion religieuse, mais par ce qu’il incarne : le passage obligé de la présence vivante, la chair vécue jusqu’à l’unification totale.Il ne dit pas : “Passez par ma personne”, mais : “Le chemin de l'unité passe par le corps comme voie d'accès, le corps comme chemin, lcomme lien direct à la source de la vie.”
La chair n'est pas l'obstacle lorsqu'elle est habitée pleinement. L’erreur a été de croire les commentaires du mental à son sujet. Le corps n’est pas une prison. C’est la prière quotidienne, le sacrifice fait au présent.
Et quand tu respires dans l’endroit qui fait mal, lorsque tu écoutes ce qui trouble la fluidité sans vouloir l'interpréter ou le questionner quand tu entres dans la tension au lieu de fuir alors la résurrection se produit. Pas comme un miracle. Comme un retour.
Le corps comme unique porte
Arrêtons de chercher à comprendre. Arrêtons de vouloir réparer. Cessons de purifier, d’améliorer, de transcender. Nous ne sommes pas ici pour contrôler le corps ni pour le fuir. Nous sommes ici pour l’habiter jusqu’à ce que l’illusion de séparation implose d’elle-même.
C’est cela : La Voie Nue. Un retour d’avant l’histoire, d’avant les symboles, d’avant toute interprétation. La seule voie qui mérite d’être empruntée.Ce n'est pas compliqué. Il suffit de réaliser — simplement, humblement que nous sommes portés par le flux. Et que l’interpréter, le polir ou tenter de le détourner revient à perdre le sens même du courant.
Laisse donc ton corps parler même quand tu n’aimes pas ce qu’il dit et surtout alors. Il ne s'exprime pas avec des mots mais avec des sensations. C’est pour cela qu’il est l’unique lieu où tous les maux peuvent enfin révéler leur vérité sans la cacher.
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