La médicalisation du corps
Nous nous sommes tellement habitués à traiter le corps comme une machine défectueuse que nous avons oublié l’essentiel : nous ne parlons plus sa langue . Dès qu’une douleur apparaît, physique, émotionnelle, existentielle le réflexe est presque automatique : diagnostic, traitement, guérison, retour à la normale. Et la quasi-totalité des réponses que nous avons apprises viennent de l’extérieur : des médicaments pour forcer le corps à rentrer dans l’ordre, des interventions chirurgicales pour enlever ou corriger ce qui ne fonctionne pas, ou même dans des versions plus douces, des « thérapies d’équilibrage » chargées d’apaiser ce que le système ne comprend pas. Les méthodes diffèrent. Mais le schéma est toujours le même. L’approche est extérieure. On agit sur le corps. Rarement avec lui. Presque jamais depuis lui. La règle oubliée : on ne dialogue pas dans deux langues différentes Si un symptôme est une manière pour le corps de parler, alors une seule co...