Quand le disciple est prêt...
Quand le disciple est prêt...contrairement à ce qu'on prétend : le maître disparait...
Pour quelle raison?
On croit souvent, dans les milieux spirituels, qu’il faudrait forcément rencontrer un maître pour être libre.
Comme si la liberté était quelque chose à recevoir de l’extérieur, ou à apprendre de quelqu’un de plus grand que soi.
Cette croyance repose sur une idée simple : tant que je me vis comme petit, incomplet, séparé, je cherche naturellement quelque chose de plus vaste pour m’y appuyer.
Alors oui, tant que cette perception demeure, un guide apparaît. Non pas comme une personne à suivre, mais comme un miroir.
Le problème commence lorsque le regard se fige sur la forme, lorsque le maître est vu comme un individu distinct, alors que ce qui agit à travers lui n’est jamais autre chose que ce qui, en silence, se tient déjà au cœur de celui qui cherche.
Car ce que l’on nomme « sage » ou « maître » n’est jamais séparé de celui qui écoute. Il est l’évidence de ce qui regarde à travers deux visages avant de se reconnaître comme un seul.
Lorsque cette reconnaissance a lieu, la relation s’effondre d’elle-même. Il n’y a plus personne pour enseigner ni personne pour apprendre.
Et c’est là le point décisif : il n’a jamais été question d’acquérir quoi que ce soit.Rien de nouveau n’est transmis. Rien n’est ajouté.
Il s’agit uniquement de désapprendre. De laisser tomber ce qui encombre, ce qui prétend savoir,
ce qui s’imagine en chemin. Comme l’eau qui cesse de lutter contre son cours et découvre qu’elle était déjà rivière, déjà océan.
Quand cela est vu, le maître disparaît, le disciple aussi, et ce qui demeure n’a jamais eu besoin d'être séparé de lui-même.
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